Les Ecrans renforçateurs


Le film radio ou photographique est peu sensible aux RX ; 0,1 à 0,2 milliGray n'induisent qu'un voile de base alors que l'image est obtenue couramment avec un couple film-écran avec 10 à 20 µGray.

Moins de 1% de l'énergie X atteignant le film est absorbée par celui-ci et ceci par effet photoélectrique.

Par contre, certains corps absorbent mieux les RX et réémettent un rayonnement lumineux auquel le film est sensible.

Dès 1896, les écrans renforçateurs étaient connus, car ce sont les produits luminescents qui ont permis à Roentgen de découvrir les rayons X, alors que les tubes cathodiques étaient déjà connus bien avant lui. 


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La Luminescence


> Émissions lumineuses

Certains corps produisent une énergie lumineuse en convertissant une autre forme d'énergie, et selon l'énergie initiale, on peut donner quelques exemples :

- réaction chimique : ver luisant ou lampe à éclairage unique chimique ;
- chaleur : incandescence ;
- électricité : diodes luminescentes ;
- mécanique : la séparation de deux papiers collés par un adhésif plastique (étiquettes autocollantes) donne un éclair visible dans le noir ;
- radiations électromagnétiques (X ou gamma) ou corpusculaires (= électrons) : sous l'effet de ces rayonnements certains corps émettent une lumière.

À l'exclusion de l'incandescence, ces émissions lumineuses ont la luminescence pour caractère commun.

Cette émission luminescente est :
- soit immédiate : fluorescence se produisant en 10-8 secondes ;
- soit retardée : phosphorescence décroissant de façon exponentielle, parfois sur plusieurs secondes ; la luminescence tardive étant appelée rémanence ;
- certains corps semblent avoir une luminescence permanente (montre ou réveils lumineux d'autrefois) : deux corps sont mélangés, l'un est phosphorescent ou fluorescent, stimulé par l'autre émetteur alpha ou beta à longue période.

 

> Le niveau d'énergie lumineuse (couleur)

Il est caractéristique de l'atome, par réarrangement de couches électroniques après arrachement d'électrons profonds par l'énergie stimulante (voir le 2ème stade de l'effet photoélectrique). Chaque corps chimique atome ou molécule émet donc une couleur spécifique, rayonnement monochromatique correspondant à la différence d'énergie entre deux couches électroniques.

 

> Coefficient de conversion

C'est le rapport entre Energie lumineuse/Energie absorbée x100

Pour le Tungstate de Calcium (Ca Wo), ce coefficient vaut 5 environ.
Pour les terres rares, ce coefficient vaut jusqu'à 25.


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Principe des écrans renforçateurs


Nous décrirons dans un premier temps les écrans classiques au tungstate de Calcium, CaWo4 (Tungstène = Wolfram =Wo).

 

> Constitution

L'écran renforçateur comprend de la profondeur vers le film :
- une couche de matière élastique (feutre ou mousse plastique) assurant le parfait accolement de l'écran sur le film ;
- un support cartonné réfléchissant la lumière et donc de couleur blanche ;
- une couche active associant des cristaux luminescents (CaWo4 ou "terre rare") enrobés dans un liant souvent coloré, épaisse de 200 à 300 micromètres ;
- une couche de protection mécanique épaisse de 20 micromètres.

Comme le film comporte généralement une émulsion sur ses deux faces, il existe un écran pour chacune des deux faces, de caractéristiques légèrement différentes. L'écran postérieur a un pouvoir renforçateur légèrement plus important pour compenser l'atténuation subie par le faisceau dans l'écran antérieur ; il est doublé d'une mince couche de plomb qui supprime une partie du rayonnemnent rétrodiffusé.

 

>Fonctionnement

Un photon X frappe et est absorbé par un élément luminescent de l'écran ; ce dernier réémet un grand nombre de photons lumineux. Cette émission se fait dans toutes les directions, d'où l'intéret de réfléchir vers le film une partie de la lumière qui se dirigeait en direction opposée. Mais simultanément cette lumière ne doit pas diffuser latéralement trop loin ; le liant doit donc absorber la lumière qui suivrait un trajet oblique. Un liant de couleur rouge complémentaire atténue donc la lumière bleue qui ne se dirige pas directement vers le film.

Le photon X dont l'énergie est de l'ordre de 30 à 50 keV produit environ 2000 photons de 1,5 à 3 eV; énergie parfaitement définie pour un écran donné.

 

> Coefficient renforçateur

Ce coefficient permet la comparaison entre écrans de type différent, ou d'âge différent (car le CR diminue avec le temps). Le plus souvent, on se contente de comparer la dose nécessaire pour obtenir la même image avec le même film mais deux écrans différents. Ce coefficient peut être assimilé à la classe de rapidité utilisée pour comparer les couples écran-film.

 

> Variation du CR avec l'énergie des RX

L'absorption du rayonnement X varie avec le coefficient d'atténuation photoélectrique, donc avec le kilovoltage d'émission.

Le coefficient renforçateur varie donc avec le kilovoltage : il croît lorsque le kV croît. 


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Divers types d'écrans renforçateurs traditionnels (tunGstate de CAlcium)


On doit parler du couple film-écran ; ce couple doit procurer le compromis finesse - sensibilité optimale.

Les écrans traditionnels utilisent le Tungstate de Calcium.

La résolution du film est voisine de 100 pl/mm, alors que l'écran donne au mieux 8 pl/mm.La qualité de l'image est liée à la qualité de l'écran et à celle du film; après les progrès de écrans on a vu récemment la part de progrès due aux films à grain tabulaire.

Par contre, on peut jouer sur la sensibilité liée aux écrans :

- écran fin : l'épaisseur de l'écran est faible, le liant très absorbant empêche la diffusion latérale de la lumière, l'image est donc fine ; donc pour une quantité donnée de RX, la lumière atteignant le film est réduite.

- écran rapide : le nombre plus élevé de grains, le liant peu absorbant permettent une exploitation maximale du rayonnement au prix d'un flou de diffusion.

D'une manière générale, les caractéristiques des films utilisés sont identiques, en parti-culier pour la sensibilité chromatique.

Les écrans dits progressifs, dont la rapidité varie d'une extrémité à l'autre de l'écran facilitent la réalisation des clichés de régions d'épaisseur trés variable (rachis dorsal de face ou de profil, rachis lombaire de profil, membres inférieurs en totalité, etc).


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 Écrans "terre rare"


L'évolution des écrans était bloquée depuis longtemps lorsqu'en 1972. Buchanan décrit l'efficacité des lanthanides (ou terres rares), Gadolinium, Lanthane, terbium, Europium, Ytrium. Les caractéristiques d'absorption et d'émission lumineuse de ces corps sont alors mieux connues car ils sont utilisés dans les phosphores des écrans de télévision en couleur.

Par ailleurs, ces corps de nombre atomique compris entre 57 et 71 apparaissent dans les produits de désintégration de la fission atomique. La séparation chimique de ces corps voisins n'est pas toujours facile, les premières réalisations d'écrans ont laissé à désirer et ont parfois laissé des réputations aujourd'hui sans objet (fragilité, vieillissement rapide ou même radioactivité minime résiduelle obligeant à laisser le film le minimum de temps dans la cassette).

 

> Absorption

Meilleure absorption des RX car l'énergie de liaison des atomes est plus proche de la gamme d'énergie utilisée en radiodiagnostic, c'est-à-dire 20 à 60 keV pour 50 à 140 kV d'accélération des électrons dans le tube RX :

Meilleure absorption et meilleur facteur de conversion procurent un coefficient renforçateur supérieur. Ainsi à qualité d'image équivalente, la dose d'exposition est moindre.

 

> Rapidité des couples film-écran

La rapidité d'un couple fillm-écran dépend des deux composants.

- Un écran ("vert") peut être associé à un film "bleu" ou "vert" ; la rapidité sera supérieure avecle film "vert" ; dans une même marque et dans une même sensibilité de couleur la rapidité peut être différente.

- Des associations peuvent être conseillées ou déconseillées ; des associations sont quasiment obligatoires (Kodak Insight, Agfa Orthos pour la radiographie pulmonaire).

L'indice de rapidité relative permet de comparer les expositions pour obtenir une même image. Passant d'un écran de rapidité 100 à un écran de rapidité 200, le débit (mAs) est divisé par 2, à kV identiques.

Il est évident que les plus grandes rapidités dans une même gamme sont associées à une moindre résolution spatiale. Par contre à rapidité égale les écrans "terre rare" donnent une résolution spatiale très supérieureà celle- des écrans CaWo4.

 

> Variation du coefficient renforçateur

En fait, on sait que l'absorption dépend de la proximité entre énergie de liaison électronique dans l'atome et énergie des photons X. Un élément atomique donne un CR maximal pour une énergie définie (kV). Aussi pour obtenir des résultats relativement constants sur une gamme étendue de kilovoltage les écrans associent des éléments différents :

Le coefficient renforçateur des divers types d'écrans de sociétés diférentes est donc différent et il varie de manière différente avec le kilovoltage : comparé au CaWo, le CR est nettement supérieur pour les valeurs de kilovoltage moyen (70 à 100 kV) mais la supériorité est moins marquée pour les bas ou les hauts kV. Des différences apparaissent entre les différentes compositions ; ces variations avec les kV demandent un réglage différent de exposeurs avec les kV.


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 Choix des films suivant la couleur d'émission des écrans


Les écrans CaWo émettent dans les domaines du bleu et du violet ; ils sont associés à des films sensibles au violet et bleu et peu sensibles au jaune.

Certains "terre rare" émettent dans le vert, de manière importante. Il est donc souhaitable pour avoir le meilleur CR d'utiliser des films sensibles à cette longueur d'onde. Corollairement, le film sensible au vert est sensible à la lumière jaune dite inactinique. Ces films spéciaux sont généralement orthochromatiques et doivent être développés à la lumière rouge.

En pratique, plusieurs types d'écrans TR existent.
- Les uns émettent du vert et sont associés à des films sensibles au vert (donc au jaune inactinique) qui doivent être développés en lumière rouge en chambre noire ; utiliser des films ordinaires sensibles au bleu est possible mais fait perdre le gain en CR.
- Les autres emmettentçans le bleu et sont associés à des films ordinaires mais leur CR semble moindre pour une finesse identique.
- L'émisssion dans l'ultraviolet est également utilisée, elle ne pose pas de problème en chambre noire.

Les problèmes de lumière inactniques disparaissent avec l'emploi des systèmes "plein-jour".
- Des films sensibles à l'IR sont aussi utilisés avec les reprographes Laser mais il n'existe pas cette sensiblité avec écrans renforçateurs.


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Les catégories de Couples film-écran


L'introduction des terres rares a complètement modifié le domaine des couples film-écran.

Lorsqu'il n'existait qu'un seul type d'écrans, CaWo4, le choix se limitait à choisir des catégories correspondant à la rapidité ou la finesse.

La durée de vie de ces écrans, au temps du développement manuel, était limitée par les gouttes, souillures des manipulations des films dans des bains liquides. Les changements d'écrans étaient fréquents.

Aujourd'hui, il faut faire un choix entre des produits de coût très différent et élevé (6000 F pour une cassette avec écran TR 36x43), souvent associés à un type précis de film, pouvant poser des problèmes d'inactinisme de chambre noire.

Certains produits, plus coûteux, par leur CR élevé permettent de réduire l'exposition, donc d'économiser les tubes RX, ou d'améliorer la netteté par l'emploi de foyer plus fin, ou à rapidité égale d'obtenir un flou de récepteur moindre.

Le choix sera plus délicat encore lorsque le fabricant propose une gamme de plusieurs produits aux caractéristiques différenciées, alors que la pratique courante ne permet pas de disposer de toutes les catégories de produits dans une chambre noire : il faut éviter les mélanges de films en chambre noire (les systèmes plein jour n'acceptent que 5 ou 7 types de format ou film). Par ailleurs ces écrans ne perdent que lentement leur efficacité et durent jusqu'à 10 ans ; les remplacements sont rares.

Tout choix implique donc des essais comparatifs et des limitations.

On peut cependant difficilement envisager de fonctionner avec un seul couple film-écran en radiologie générale.

- En radiologie des extrémités : une faible épaisseur de tissus, un faible risque d'irradiation et une bonne résolution spatiale conduisent à l'usage d'écrans spéciaux pour les extrémités ("extrémity", "fine"), éventuellement avec des films spéciaux. Les couples monocouche (pour mammographie) sont les plus fins et très utiles. Par contre, les films sans écrans très chers (prix double d'un film alors que les écrans coûtent le prix de 100 films) et d'emploi plus difficile n'ont plus d'intérêt.

- En Radiologie du tronc et des racines des membres. : on doit réduire l'exposition ; le couple F-E doit être aussi rapide que possible, la résolution spatiale étant suffisante. Aujourd'hui, les couples "terre rare" "fast" ou à coefficient élevé peuvent répondre, associés aux nouvelles émulsions tabulaires, aux besoins de qualité, car ils permettent de travailler avec des temps de pose courts et petit foyer dans la majorité des cas. L'irradiation est réduite ce qui est souhaitable en radioprotection, les tubes RX sont soulagés et dureront plus longtemps.

- En ce qui concerne la radio pulmonaire : le problème est lié à une latitude de contraste maximale, associée à une bonne résolution spatiale. La puissance n'est pas un problème sur le cliché de face, puisque les générateurs font généralement 50 kW et permettent un temps de pose court. Les écrans terre rare de rapidité moyenne ou faible (200 à 300) sont préférables.

- Enfin, quelques clichés tels que pelvimétrie, tomographie de colonne lombaire de profil, clichés au lit ou salle d'opération avec un générateur peu puissant, bénéficient de couples ultrarapides.

Ainsi deux ou trois catégories d'écrans, associées à deux types de films peuvent répondre à toutes les possibilités d'un groupe de salles de radio, d'un service hospitalier ou d'un cabinet. Ce choix doit être fait avec attention, car il engage pour 8 ans environ dans un domaine extrêmement changeant.


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 Entretien des écrans


> Mise en place

Actuellement, les écrans utilisés dans des systèmes plein jour durent le même temps que les cassettes et sont généralement livrés montés. Mais cette association n'est pas obligatoire : il est possible de changer les types d'écran dans une cassette. Si l'on est amené à mettre des écrans en place, il est indispensable de veiller à deux notions, celle d'écran antérieur et postérieur et à la qualité des feutres de compression.

 

> Entretien

Les taches sur l'écran se traduisent par des points ou des zones blanchâtres sur le film développé. On préconise un nettoyage soigneux avec, soit un produit spécial, soit une eau savonneuse (jamais d'alcool ou autre produit agressif) et un essuyage avec un chiffon doux non pelucheux.

Selon les conditions d'emploi (déchargement manuel ou automatique), le rythme systématique est supérieur ou inférieur au mois.

En mammographie, la chasse aux poussières doit être particulièrement soigneuse et les nettoyages fréquents ou même systématiques avant l'usage puisque des taches blanches infimes peuvent induire un faux diagnostic de microcalcifications.

L'emploi de produits antistatiques n'est pas obligatoire ; il est justifié par l'apparition des images d'aigrettes d'électricité statique, lesquelles surviennent dans certaines conditions climatiques (temps très sec) ou de climatisation artificielle (hygrométrie basse).

 

> Contact film-écran

Tout défaut de contact entre écran et film est responsable de "flou d'écran". Ce phénomène fréquent avec les cassettes métalliques facilement déformées ou enfoncées par des chocs est moindre avec les cassettes plastiques. De même, les feutres plastiques conservent leurs qualités. En cas de doute sur un flou d'écran localisé, il suffit de faire un cliché d'une grille antidiffusante fixe. Tout défaut de contact fait disparaître l'image des lames sur une partie du film.


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Conclusion


Souvent négligé, le choix des écrans est capital. À la différence des générateurs et tables dont la technique évolue peu avec des produits très semblables entre constructeurs, les écrans offrent des possibilités de choix très différenciées. Le domaine évolue beaucoup. Depuis 10 ans environ les écrans ont changé complètement et des nouveautés sont encore récemment apparues, les films viennent récemment de changer.

Le problème doit être étudié à la fois techniquement et financièrement, compte tenu du prix élevé.


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